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Le lingála dans l’enseignement des sciences dans les écoles de Kinshasa : une approche socioterminologique

(2013)
Author
Promoter
(UGent) and Kabuta Ngo Semzara
Organization
Abstract
Dans plusieurs pays africains, les langues héritées de la colonisation continuent à être utilisées comme langues d’enseignement dans le système scolaire, en particulier à l’école secondaire et à l’université et surtout pour les matières scientifiques. La question de la langue d’enseignement peut être abordée sur le plan idéologique (identitaire) ou sur le plan didactique (difficulté à enseigner et à apprendre dans une langue étrangère). Quelle qu’en soit l’approche, il s’avère qu’à l’heure actuelle plusieurs langues africaines ne sont pas dotées d’une codification et d’une terminologie spécialisée leur permettant d’assumer le rôle de langue d’enseignement. Il se pose donc la nécessité d’un renforcement des capacités (empowerment) des langues africaines, afin de permettre aux enseignants de les utiliser de manière efficiente comme langues d’enseignement. Dans la ville de Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo, les élèves parlent en lingála dans leur vie quotidienne, mais apprennent en français dans l’école du type formel. Par ailleurs, des études montrent la faible maîtrise du français de la part de ces élèves et, parfois, même dans le chef des enseignants. Ce travail contribue à la résolution de ce problème en proposant une méthode permettant le renforcement du vocabulaire et du discours scientifiques en lingála, ainsi que sa validation et sa diffusion auprès des utilisateurs primaires, qui sont les enseignants de la ville de Kinshasa. Ce travail poursuit quatre objectifs : 1) décrire la situation sociolinguistique dans les écoles de Kinshasa ; 2) décrire les différents outils que les locuteurs mettent en place pour, d’une part, éviter les ambiguïtés structurales et, d’autre part, produire des termes composés à partir des syntagmes nominaux et verbaux ; 3) établir une mé-thodologie morphosémantique pour générer des termes dérivés (verbes dérivés et noms déverbatifs) et leurs définitions dérivationnelles en lingála ; 4) tester une approche efficace pour la validation et la diffusion de cette terminologie auprès des utilisateurs primaires, qui sont les enseignants. Ces objectifs visent à vérifier l’hypothèse selon laquelle le lingála peut être doté d’une terminologie et d’un discours élaboré lui permettant d’être utilisé comme langue d’enseignement et véhicule de sciences. Ce travail se subdivise en cinq parties. La première partie décrit le contexte, la base théorique qui sous-tend ce travail (language empowerment) et la méthodologie suivie pour collecter, analyser et interpréter des données. Les résultats obtenus dans le cadre de cette thèse sont basés sur un travail de terrain d’environ huit ans (2004-2012). Par rapport à la question de l’orthographe, cette thèse propose une orthographe pour la variété de lingála parlé à Kinshasa et à Brazzaville. La deuxième partie examine la situation sociolinguistique actuelle dans la ville de Kinshasa en général et dans les salles de classe de cette même ville en particulier. Elle détaille chacune des variétés et en montre les ressemblances et les dissemblances entre elles. Il s’agit de : lingála lya Makanza (LM), lingála ya Équateur (LC) et lingála ya Kinshasa (LK). Partant des enquêtes de terrain, les différents registres du lingála ya Kinshasa sont caractérisés : lingála ya sóló (LS), lingála facile (LF), lingála ya bayanké (LY) et langíla (LA). L’analyse de la diglossie lingála-français dans les écoles de Kinshasa et la description du lingála utilisée par les enseignants de chimie présentées dans cette partie ont pour but d’identifier la manière dont ces enseignants arrivent à produire un discours élaboré et des termes de chimie en lingála. Cette démarche épistémologique examine comment les enseignants abordent ces notions en lingála, alors qu’ils les ont apprises en français. Dans le contexte scolaire, le lingála a souvent été abordé dans l’optique d’études visant à décrire le français des élèves ou des enseignants. Cette thèse adopte un paradigme contraire, où l’usage du lingála est analysé dans le but de décrire le processus de légitimation de son usage dans la salle de classe. Cette thèse révèle que le lingála ya Kinshasa a ses propres registres, avec un registre élaboré (lingála ya sóló) qui est utilisé dans les documents écrits, ainsi qu’un registre parlé, le lingála facile. La description du lingála ya sóló et du lingála facile constitue une contribution de ce travail. La troisième partie de ce travail est consacrée à l’analyse syntaxique des ambi-guïtés structurales et celle des structures générées par les mécanismes de composition et dérivation. Elle expose les règles de réécriture de la phrase en lingála, ainsi que les différents tests (focalisation, effacement, antéposition, insertion) appliqués au lingála pour identifier les différents constituants (syntagmes nominaux, syntagmes verbaux, compléments). De ces structures syntagmatiques, les différentes structures de termes composés ont été identifiées. Les limites syntaxiques et sémantiques de la dérivation sont aussi examinées dans les détails. La syntaxe du lingála reste faiblement décrite dans la littérature. Dans ce travail, la syntaxe est abordée essentiellement par l’approche structurale. Cette thèse propose donc une contribution dans la compréhension des mécanismes de désambiguïsation et de composition mis en place par des locuteurs du lingála. Elle analyse les ambiguïtés structurales que peuvent engendrer l’augmentation ou la diminution des valences de ces verbes dérivés pour les quatre extensions verbales (-is-, -el-, -am-, -an-) ainsi que les doubles dérivations. Il s’agit en fait de vérifier le bon fonctionnement des termes composés et des verbes dérivés dans une phrase. La quatrième partie expose l’outil de création terminologique pour le renforce-ment du vocabulaire scientifique par un mécanisme interne à la langue, la dérivation. Les structures lexicologiques des verbes dérivés et des noms déverbatifs ont été identifiées à partir du corpus et leurs définitions dérivationnelles ont été produites dans le but de systématiser la création terminologique utilisant le mécanisme de dérivation. Cette méthodologie est ensuite appliquée dans le domaine de la chimie. Les travaux de terminologie de chimie en lingála connus à ce jour utilisent aussi bien l’adaptation morphophonologique que la dérivation et la composition. Il s’agit essentiellement des travaux de Diambu (2001), Mukinayi (2011) et moi-même (Sene Mongaba 2012e). Ces termes correspondent d’une part aux objets chimiques (éléments, atomes, molécules, ions, particules subatomiques, unités de mesures) et d’autre part aux processus, aux phénomènes et aux grandeurs chimiques. Dans le but d’illustrer comment le chercheur peut proposer des supports pédagogiques dans la langue de l’apprenant, même si cette langue n’est pas reconnue comme langue d’enseignement, mais qu’en réalité elle est utilisée pour transmettre les savoirs en classe, cette thèse décrit la démarche suivie pour concevoir un dictionnaire de chimie (français-lingála) à l’intention des élèves et enseignants de la troisième année scientifique. Enfin, elle aborde les différentes stratégies expérimentées sur le terrain pour la validation et la diffusion de ces termes de spécialités auprès des enseignants de chimie des écoles de Kinshasa. Ce travail s’intègre dans le cadre plus global des travaux axés sur l’« intellec-tualisation » des langues africaines. La contribution de ce travail dans ce champ de recherche comporte trois volets. Premièrement, à chaque étape de ce travail, j’ai veillé à soumettre aux utilisa-teurs (enseignants de chimie) mes travaux de création terminologique et de production des définitions. Les discussions individuelles et en conférence avec les enseignants de chimie ont permis de valider ou de rejeter certaines de mes propositions et d’en avancer d’autres. Deuxièmement, sur le plan de la lexicographie et de la terminologie du lingála, cette thèse vérifie dans le détail les potentialités des préfixes nominaux, des extensions verbales et des finales dans l’enrichissement du vocabulaire élaboré. La production des définitions dérivationnelles améliore l’offre dans la systématisation de la création terminologique, dans la mesure où le lexicographe ou le terminologue dispose non seulement des néologismes éventuels, mais de définitions qui le guident dans son travail. Cette thèse constitue donc un outil pour le lexicographe. Troisièmement, sur le plan global du renforcement des capacités des langues africaines, le fait que le travail soit conçu, produit et rédigé intégralement en lingála constitue également une contribution dans la méthodologie de ce champ de recherche.
Keywords
emprunt, empowerment, composition, dérivation, lexicographie, lingála, terminologie, sciences, didactique, code switching, code mixing, chimie, Kinshasa, Congo, syntaxe, bantu, sémantique, Congo, code mixing, Kinshasa, Lingála, didactic, derivation, compounding, bantu, chemistry, terminology, code switching, diglossia, sciences, socolinguistics, lingala, lexicography

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Sene Mongaba, Bienvenu. Le Lingála Dans l’enseignement Des Sciences Dans Les Écoles de Kinshasa : Une Approche Socioterminologique. Ghent University. Faculty of Arts and Philosophy, 2013.
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Sene Mongaba, B. (2013). Le lingála dans l’enseignement des sciences dans les écoles de Kinshasa : une approche socioterminologique. Ghent University. Faculty of Arts and Philosophy, Ghent, Belgium.
Chicago author-date
Sene Mongaba, Bienvenu. 2013. “Le Lingála Dans l’enseignement Des Sciences Dans Les Écoles de Kinshasa : Une Approche Socioterminologique.” Ghent, Belgium: Ghent University. Faculty of Arts and Philosophy.
Chicago author-date (all authors)
Sene Mongaba, Bienvenu. 2013. “Le Lingála Dans l’enseignement Des Sciences Dans Les Écoles de Kinshasa : Une Approche Socioterminologique.” Ghent, Belgium: Ghent University. Faculty of Arts and Philosophy.
Vancouver
1.
Sene Mongaba B. Le lingála dans l’enseignement des sciences dans les écoles de Kinshasa : une approche socioterminologique. [Ghent, Belgium]: Ghent University. Faculty of Arts and Philosophy; 2013.
IEEE
[1]
B. Sene Mongaba, “Le lingála dans l’enseignement des sciences dans les écoles de Kinshasa : une approche socioterminologique,” Ghent University. Faculty of Arts and Philosophy, Ghent, Belgium, 2013.
@phdthesis{3205745,
  abstract     = {Dans plusieurs pays africains, les langues héritées de la colonisation continuent à être utilisées comme langues d’enseignement dans le système scolaire, en particulier à l’école secondaire et à l’université et surtout pour les matières scientifiques. La question de la langue d’enseignement peut être abordée sur le plan idéologique (identitaire) ou sur le plan didactique (difficulté à enseigner et à apprendre dans une langue étrangère). Quelle qu’en soit l’approche, il s’avère qu’à l’heure actuelle plusieurs langues africaines ne sont pas dotées d’une codification et d’une terminologie spécialisée leur permettant d’assumer le rôle de langue d’enseignement. Il se pose donc la nécessité d’un renforcement des capacités (empowerment) des langues africaines, afin de permettre aux enseignants de les utiliser de manière efficiente comme langues d’enseignement. Dans la ville de Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo, les élèves parlent en lingála dans leur vie quotidienne, mais apprennent en français dans l’école du type formel. Par ailleurs, des études montrent la faible maîtrise du français de la part de ces élèves et, parfois, même dans le chef des enseignants. Ce travail contribue à la résolution de ce problème en proposant une méthode permettant le renforcement du vocabulaire et du discours scientifiques en lingála, ainsi que sa validation et sa diffusion auprès des utilisateurs primaires, qui sont les enseignants de la ville de Kinshasa. Ce travail poursuit quatre objectifs : 1) décrire la situation sociolinguistique dans les écoles de Kinshasa ; 2) décrire les différents outils que les locuteurs mettent en place pour, d’une part, éviter les ambiguïtés structurales et, d’autre part, produire des termes composés à partir des syntagmes nominaux et verbaux ; 3) établir une mé-thodologie morphosémantique pour générer des termes dérivés (verbes dérivés et noms déverbatifs) et leurs définitions dérivationnelles en lingála ; 4) tester une approche efficace pour la validation et la diffusion de cette terminologie auprès des utilisateurs primaires, qui sont les enseignants. Ces objectifs visent à vérifier l’hypothèse selon laquelle le lingála peut être doté d’une terminologie et d’un discours élaboré lui permettant d’être utilisé comme langue d’enseignement et véhicule de sciences. Ce travail se subdivise en cinq parties. La première partie décrit le contexte, la base théorique qui sous-tend ce travail (language empowerment) et la méthodologie suivie pour collecter, analyser et interpréter des données. Les résultats obtenus dans le cadre de cette thèse sont basés sur un travail de terrain d’environ huit ans (2004-2012). Par rapport à la question de l’orthographe, cette thèse propose une orthographe pour la variété de lingála parlé à Kinshasa et à Brazzaville. La deuxième partie examine la situation sociolinguistique actuelle dans la ville de Kinshasa en général et dans les salles de classe de cette même ville en particulier. Elle détaille chacune des variétés et en montre les ressemblances et les dissemblances entre elles. Il s’agit de : lingála lya Makanza (LM), lingála ya Équateur (LC) et lingála ya Kinshasa (LK). Partant des enquêtes de terrain, les différents registres du lingála ya Kinshasa sont caractérisés : lingála ya sóló (LS), lingála facile (LF), lingála ya bayanké (LY) et langíla (LA). L’analyse de la diglossie lingála-français dans les écoles de Kinshasa et la description du lingála utilisée par les enseignants de chimie présentées dans cette partie ont pour but d’identifier la manière dont ces enseignants arrivent à produire un discours élaboré et des termes de chimie en lingála. Cette démarche épistémologique examine comment les enseignants abordent ces notions en lingála, alors qu’ils les ont apprises en français. Dans le contexte scolaire, le lingála a souvent été abordé dans l’optique d’études visant à décrire le français des élèves ou des enseignants. Cette thèse adopte un paradigme contraire, où l’usage du lingála est analysé dans le but de décrire le processus de légitimation de son usage dans la salle de classe. Cette thèse révèle que le lingála ya Kinshasa a ses propres registres, avec un registre élaboré (lingála ya sóló) qui est utilisé dans les documents écrits, ainsi qu’un registre parlé, le lingála facile. La description du lingála ya sóló et du lingála facile constitue une contribution de ce travail. La troisième partie de ce travail est consacrée à l’analyse syntaxique des ambi-guïtés structurales et celle des structures générées par les mécanismes de composition et dérivation. Elle expose les règles de réécriture de la phrase en lingála, ainsi que les différents tests (focalisation, effacement, antéposition, insertion) appliqués au lingála pour identifier les différents constituants (syntagmes nominaux, syntagmes verbaux, compléments). De ces structures syntagmatiques, les différentes structures de termes composés ont été identifiées. Les limites syntaxiques et sémantiques de la dérivation sont aussi examinées dans les détails. La syntaxe du lingála reste faiblement décrite dans la littérature. Dans ce travail, la syntaxe est abordée essentiellement par l’approche structurale. Cette thèse propose donc une contribution dans la compréhension des mécanismes de désambiguïsation et de composition mis en place par des locuteurs du lingála. Elle analyse les ambiguïtés structurales que peuvent engendrer l’augmentation ou la diminution des valences de ces verbes dérivés pour les quatre extensions verbales (-is-, -el-, -am-, -an-) ainsi que les doubles dérivations. Il s’agit en fait de vérifier le bon fonctionnement des termes composés et des verbes dérivés dans une phrase. La quatrième partie expose l’outil de création terminologique pour le renforce-ment du vocabulaire scientifique par un mécanisme interne à la langue, la dérivation. Les structures lexicologiques des verbes dérivés et des noms déverbatifs ont été identifiées à partir du corpus et leurs définitions dérivationnelles ont été produites dans le but de systématiser la création terminologique utilisant le mécanisme de dérivation. Cette méthodologie est ensuite appliquée dans le domaine de la chimie. Les travaux de terminologie de chimie en lingála connus à ce jour utilisent aussi bien l’adaptation morphophonologique que la dérivation et la composition. Il s’agit essentiellement des travaux de Diambu (2001), Mukinayi (2011) et moi-même (Sene Mongaba 2012e). Ces termes correspondent d’une part aux objets chimiques (éléments, atomes, molécules, ions, particules subatomiques, unités de mesures) et d’autre part aux processus, aux phénomènes et aux grandeurs chimiques. Dans le but d’illustrer comment le chercheur peut proposer des supports pédagogiques dans la langue de l’apprenant, même si cette langue n’est pas reconnue comme langue d’enseignement, mais qu’en réalité elle est utilisée pour transmettre les savoirs en classe, cette thèse décrit la démarche suivie pour concevoir un dictionnaire de chimie (français-lingála) à l’intention des élèves et enseignants de la troisième année scientifique. Enfin, elle aborde les différentes stratégies expérimentées sur le terrain pour la validation et la diffusion de ces termes de spécialités auprès des enseignants de chimie des écoles de Kinshasa. Ce travail s’intègre dans le cadre plus global des travaux axés sur l’« intellec-tualisation » des langues africaines. La contribution de ce travail dans ce champ de recherche comporte trois volets. Premièrement, à chaque étape de ce travail, j’ai veillé à soumettre aux utilisa-teurs (enseignants de chimie) mes travaux de création terminologique et de production des définitions. Les discussions individuelles et en conférence avec les enseignants de chimie ont permis de valider ou de rejeter certaines de mes propositions et d’en avancer d’autres. Deuxièmement, sur le plan de la lexicographie et de la terminologie du lingála, cette thèse vérifie dans le détail les potentialités des préfixes nominaux, des extensions verbales et des finales dans l’enrichissement du vocabulaire élaboré. La production des définitions dérivationnelles améliore l’offre dans la systématisation de la création terminologique, dans la mesure où le lexicographe ou le terminologue dispose non seulement des néologismes éventuels, mais de définitions qui le guident dans son travail. Cette thèse constitue donc un outil pour le lexicographe. Troisièmement, sur le plan global du renforcement des capacités des langues africaines, le fait que le travail soit conçu, produit et rédigé intégralement en lingála constitue également une contribution dans la méthodologie de ce champ de recherche.},
  author       = {Sene Mongaba, Bienvenu},
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